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Des Français toujours plus tournés vers l’épargne face à la crise

Confrontés, depuis maintenant quelques temps, à la crise économique, les ménages français semblent aujourd’hui donner un certain nombre de signes d’anxiété, le niveau de leur épargne ayant en effet connu une augmentation le conduisant à atteindre son plus haut résultat des deux dernières années écoulées, laissant envisager une baisse de la consommation relativement préoccupante, étant donné que celle-ci constitue l’un des plus importants moteurs de l’économie française.

Malgré une progression de leur pouvoir d’achat, au deuxième trimestre de l’année, liée principalement au ralentissement de l’inflation et à la baisse du prix des produits pétroliers, le taux d’épargne des ménages français reste en augmentation, venant ainsi diminuer d’autant la consommation de ceux-ci, cette tendance se trouvant confirmée par les chiffres publiés par l’Institut National de la Statistique et des Études Économiques.

Ne pouvant ainsi s’expliquer par la conjoncture économique, qui est plutôt restée favorable aux ménages, le recul des dépenses de consommation de 0,7 % et la progression de 1,1 % du taux d’épargne constatée par les spécialistes viennent ainsi traduire une certaine méfiance des Français envers le futur, reconnue par le gouvernement, lors de l’élaboration de son budget 2012, qui a lui-même affirmé que « le prolongement des turbulences pourrait entamer la confiance des ménages et des entreprises et peser sur leurs projets de consommation ou d’investissement ».

Amplifiée, selon l’avis de Pierre Nordmann, du bureau d’études BIPE, par la fin de la prime à la casse, qui avait contribué à soutenir la consommation, l’évolution des chiffres de la consommation vient traduire « l’inquiétude des ménages concernant leurs revenus et l’environnement économique », celui-ci s’empressant toutefois de nuancer ses propos en précisant que le taux d’épargne « ne sera pas forcément de 17 % sur toute l’année ».

Venant ainsi faire suite à une période 2002 – 2008, marquée par une baisse du chômage et la hausse de l’immobilier, qui avait contribué à augmenter les revenus des Français, la crise débutée en 2009 a ainsi eu pour conséquence d’orienter les Français vers l’épargne de précaution, ceux-ci envisageant, dès à présent, la dégradation de leur situation et prévoyant ainsi des réserves d’argent pour pallier à la survenue de certains événements désagréables, privilégiant pour cela les produits d’épargne les plus liquides, à l’image du Livret A dont les performances du mois d’août restent particulièrement élevées, celui-ci ayant en effet réuni, sur cette période, quelques 2,9 milliards d’euros, portant ainsi son encours total à 210,4 milliards d’euros.

Renforcé par l’instabilité que connaissent aujourd’hui les marchés financiers, le retour des ménages français à l’épargne liquide reste aussi encouragé par la diminution de leur capacité à emprunter, les établissements bancaires ayant, en effet, depuis le début de la crise, eu tendance à renforcer leur critère d’attribution, diminuant ainsi d’autant la mise en place de nouveaux crédits immobiliers, cette situation devant toutefois, selon Cyril Blesson, des Cahiers de l’épargne, aboutir à une réduction des taux directeurs de la Banque Centrale Européenne en vue de pallier à une éventuelle récession de la zone euro.