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La Banque de France se révèle hostile à une réévaluation de la rémunération du Livret A anticipée

Afin de dégager de toute considération politique la détermination du taux du Livret A, le législateur a, depuis le 1er juillet 2004, mis en place un système de calcul automatique du taux de celui-ci, laissant toutefois, au Ministère de l’Économie et des Finances, la possibilité de s’affranchir de cette solution lorsque la situation économique le nécessite, ce qui a été le cas le 15 janvier dernier lorsque le gouvernement a alors refusé de porter la rémunération du placement préféré des Français à 2,75 %.

S’appuyant, pour cela, sur l’observation émise par Christian Noyer, actuel Directeur de la Banque de France, Bercy avait ainsi justifié sa décision par des perspectives économiques plutôt favorables, prévoyant une baisse de l’inflation pour les mois à venir, malgré les incitations émises par un certain nombre de représentants des épargnants et de parlementaires, qui avait alors réclamé un réajustement de la rémunération du Livret A.

Ayant déjà, au début de l’année, attirer un certain nombre de critiques cette décision semble, aujourd’hui, revenir sur le devant de la scène, les conditions économiques n’ayant pas évolué comme prévu ; un certain nombre de personnes, parmi lesquelles les organisations syndicales, réclament, en effet, un réajustement exceptionnel du taux du placement favori des Français dès le 15 avril prochain, le législateur ayant prévu cette possibilité, en cas de circonstances exceptionnelles.

Apportant ainsi sa propre réponse aux partisans d’une réévaluation rapide de la rémunération du Livret A, la Banque de France a fait savoir, lundi 2 avril, son opposition à une telle mesure, dont la réalisation interviendrait seulement quelques jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, confirmant ainsi le renvoi de la réévaluation au mois de juillet, alors que les épargnants restent touchés par l’évolution de l’inflation.