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Le Livret A sous le 1%, au grand dam de la CLCV et des épargnants

livret A et espèces

La rémunération du Livret A passera au 1er août à 0,75% conformément à la recommandation du gouverneur de la Banque de France. Une décision prise par Bercy le 20 juillet alors que le matin même, la CLCV revendiquait le maintien du Livret A au taux de 1% pour préserver l’épargne des personnes à revenus moyens ou modestes.

Le taux du Livret A, un marqueur psychologique du pouvoir d’achat

L’association nationale de défense des consommateurs voit dans le taux du Livret A un marqueur psychologique de l’évolution du pouvoir d’achat pour les épargnants et fait valoir qu’un taux inférieur à 1% serait interprété comme un signe de récession, une menace à peine voilée de révolte du peuple.

Dans son argumentaire communiqué le 20 juillet, la CLCV soulignait aussi que la rémunération du Livret A n’était jamais descendue sous 1% depuis sa création en 1818, suggérant peut-être que ce serait incongru.

Elle considère même qu’un taux assez significatif du Livret A serait un dû pour les épargnants car, contrairement à ses voisins européens, la France ne propose pas de comptes de dépôt rémunérés, un avantage non négligeable pour les banques françaises.

Retour à la raison, le nouveau taux du Livret A sera fixé à 0,75%

La règle de calcul en vigueur devait faire tomber le taux du Livret A à 0,5%. Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer a déjà atténué cette sévérité par une majoration de 0,25 point. Plus cohérent avec le niveau de l’inflation, ce nouveau taux du Livret A devrait permettre à la Caisse des dépôts d’accorder des prêts moins onéreux.

Pour la CLCV c’est une atteinte à l’épargne des personnes à revenus moyens et modestes, sachant qu’il s’agit essentiellement d’une épargne de précaution déposée à long terme sur ce livret et vulnérable à ses évolutions. Un tel raisonnement en viendrait à dénaturer le Livret A qui n’est pas conçu pour proposer une “rémunération” de l’épargne mais une préservation du pouvoir d’achat.

Pour mettre un terme à ce dialogue de sourd, il serait peut-être temps de mieux mesurer l’évolution du pouvoir d’achat et/ou de lancer un nouveau produit plus adapté à l’épargne des classes modestes et moyennes, sous réserve encore de l’existant, comme par exemple le LEP (livret d’épargne populaire), que l’on pourrait réformer pour le rendre plus accueillant.