LivretA - 468x60

Le succès du livret A

Pesant près de 200 milliards d’euros, le livret A mérite aujourd’hui le respect. Ce niveau d’encours est historique et procède tant du réflexe sécuritaire des  épargnants français que de la généralisation de sa distribution.

La démultiplication des ouvertures de Livret A

Depuis deux ans, le monopole de la distribution du Livret A par les Caisses d’Epargne, le Crédit Mutuel et la Banque postale a été rompu. Disponible dans tous les établissements bancaires, le livret A a profité d’une campagne publicitaire sans précédent. Cela s’est traduit par l’ouverture de 10 millions de livrets supplémentaires. On estime à présent que près de 60 millions de Français ont un livret, presque un par habitant.

Un placement guidé par la prudence

Malgré un taux de rémunération plutôt négligeable, passé à 2 % depuis le 1er février mais de très peu supérieur à l’inflation, le Livret A continue de séduire les Français privilégiant la prudence sur le risque. La sécurité du placement est un argument de poids pour convaincre les épargnants à déposer leurs économies sur ce compte dont le taux est fixe, plutôt que dans des actions au rendement hasardeux voire ruineuses, comme on a pu récemment le constater.

L’une des dernières enquêtes de l’INSEE fait la corrélation entre les niveaux records atteints par le livret A et la faiblesse des placements en actions. Ainsi, en 2010 l’institut recensait un ménage sur cinq détenteur de titres financiers alors que six ans plus tôt, ils étaient 1 quart. Les plans d’épargne en actions se sont repliés pour la première fois en 18 ans et en assurance-vie, si 40 % des ménages en ont souscrits une, il s’agit pour les deux tiers de supports investis en euros, sans portefeuille d’actions.

Un succès relatif

Un bémol est à signaler dans ce succès quantitatif du Livret A. Si le populaire compte épargne est bien répandu, il n’attire pas de fortes sommes. La moitié des comptes totalise moins de  150 euros. C’est en effet un compte souvent ouvert à la naissance, mais la modestie des dépôts s’explique aussi par l’impossibilité pour de nombreux Français à se constituer des économies. Les revenus, souvent faibles, sont épuisés dans les dépenses du quotidien.